Nous recevons régulièrement des interrogations concernant l’entretien des arbres méditerranéens, et notamment des oliviers qui ornent nos jardins. L’une des questions les plus fréquentes porte sur la possibilité de tailler les racines de ces arbres millénaires. Contrairement aux idées reçues, il est effectivement possible d’intervenir sur le système racinaire d’un olivier, mais cette opération nécessite méthode et précaution. Selon une étude menée en 2018 par l’Institut Agronomique Méditerranéen de Bari, les racines d’olivier peuvent s’étendre jusqu’à 10 mètres de diamètre sur un sujet âgé de seulement 10 ans, ce qui explique pourquoi nous devons parfois envisager cette intervention délicate. Nous allons chercher ensemble les situations qui justifient cette pratique, tout comme nous le faisons pour d’autres arbres fruitiers tels que la taille d’un grenadier ou la gestion des agrumes en pot.
En bref :
| Points essentiels | Précisions importantes |
|---|---|
| 🌳 Architecture racinaire superficielle | Comprendre les trois types de racines avant toute intervention |
| ✂️ Taille possible mais délicate | Ne jamais retirer plus de 25% du système racinaire |
| 📅 Période d’intervention cruciale | Intervenir entre fin d’hiver et début printemps ou début automne |
| 🔧 Outils désinfectés obligatoires | Utiliser des lames propres et affûtées pour coupes nettes |
| 💧 Arrosage prioritaire après taille | Maintenir le sol légèrement humide pendant plusieurs mois |
| ⚠️ Distance de sécurité respectée | Préserver au minimum 1 à 1,5 mètre du tronc |
Table des matières
ToggleComprendre l’architecture racinaire avant d’intervenir
Avant d’envisager toute intervention, nous devons bien comprendre comment se structure le réseau souterrain de l’olivier. Cet arbre possède un système racinaire principalement superficiel, avec une majorité de racines concentrées dans les 40 à 60 centimètres supérieurs du sol. Ces racines horizontales s’étendent largement, formant un maillage qui dépasse souvent 1,5 fois la hauteur de l’arbre. Les racines peuvent pourtant pénétrer jusqu’à 1,50 à 1,80 mètre en profondeur selon la nature du terrain.
Ce réseau se compose de trois catégories distinctes de racines : les racines principales qui se développent horizontalement près de la surface, les racines secondaires plus fines qui se ramifient à partir des premières, et enfin les radicelles absorbantes équipées de terminaisons très efficaces pour capter eau et nutriments. Cette architecture explique la remarquable résistance de l’olivier face aux épisodes de sécheresse prolongée.
Dans un sol vivant, l’olivier optimise naturellement ses radicelles fines près de la surface pour profiter des pluies brèves. Cette stratégie adaptative lui permet de survivre dans des conditions méditerranéennes parfois difficiles. La connaissance de cette structure nous guide dans nos décisions d’intervention, car nous savons désormais qu’une coupe racinaire inappropriée compromettrait la stabilité et la nutrition de l’arbre. Tout comme pour la taille d’un citronnier en pot, nous devons adapter nos gestes aux spécificités de chaque espèce.
Les situations qui justifient une intervention racinaire
Plusieurs circonstances peuvent nous amener à considérer la taille des racines d’un olivier. La transplantation représente le cas le plus fréquent, lorsque nous souhaitons déplacer l’arbre vers un nouvel emplacement. Cette opération exige une expertise particulière et une préparation minutieuse. D’ailleurs, de nombreuses équipes professionnelles procèdent à une préparation racinaire six mois avant le déplacement prévu, afin de densifier le chevelu près du tronc et sécuriser l’opération.
Le rempotage constitue une autre raison valable, particulièrement pour les oliviers cultivés en conteneur. Lorsque les racines saturent tout l’espace disponible, nous recommandons une taille légère tous les 2 à 3 ans pour maintenir l’équilibre et stimuler une croissance vigoureuse. Cette pratique s’apparente aux soins que nous prodiguons à d’autres plantes ornementales comme le yucca.
Les travaux de construction représentent également un motif légitime d’intervention. Lors d’extensions de bâtiments, d’installations de piscines ou de rénovations, les racines peuvent entraver les travaux. De même, les racines gênantes qui endommagent les canalisations d’eau ou d’égout, fissurent les trottoirs ou menacent l’intégrité des fondations nécessitent parfois une coupe sélective. Nous insistons néanmoins sur le fait que cette intervention doit rester une solution de dernier recours, après avoir envisagé toutes les alternatives possibles.
| Distance par rapport aux constructions | Recommandation minimale | Précautions particulières |
|---|---|---|
| Maisons et fondations | 3 à 4 mètres | 5 mètres pour variétés vigoureuses |
| Terrasses et dalles | 2 à 3 mètres | Lit de graviers sous les dalles |
| Canalisations | 3 mètres minimum | Gaines étanches si remplacement |
| Clôtures et murets légers | 1,5 à 2 mètres | Joints souples recommandés |
Les méthodes sécurisées pour tailler les racines
Nous ne saurions trop insister sur l’importance de la période d’intervention. Le moment idéal se situe entre la fin de l’hiver et le début du printemps, avant la reprise végétative active, ou en début d’automne. Cette temporalité permet à l’arbre de disposer de toute la belle saison pour régénérer ses racines avant l’arrivée des températures hivernales. Dans les régions septentrionales, nous conseillons d’attendre mars pour éviter les gelées tardives potentiellement dévastatrices.
La règle fondamentale consiste à ne jamais retirer plus de 25 pour cent du système racinaire. Au-delà de ce seuil, l’olivier subit un stress hydrique qui peut s’avérer fatal. Nous devons maintenir un équilibre entre la partie aérienne et le réseau souterrain pour assurer la survie de l’arbre. Sur un sujet adulte, nous préservons une distance d’au moins 1 à 1,5 mètre du tronc pour protéger les racines structurantes.
La technique de coupe exige des outils propres et parfaitement affûtés. Nous utilisons une scie d’élaguer pour les grosses racines et un sécateur pour les plus fines. La désinfection des lames avec de l’alcool à 70 pour cent s’impose pour éviter la propagation de pathogènes. Voici notre protocole d’intervention :
- Arroser abondamment l’olivier quelques jours avant l’intervention pour hydrater le sol
- Creuser progressivement une tranchée circulaire à la distance déterminée
- Identifier les racines malades ou endommagées en priorité
- Effectuer des coupes nettes, perpendiculaires au flux de sève
- Combler la tranchée avec un mélange de terre, compost et sable grossier
- Appliquer un paillage organique de 6 à 8 centimètres
Nous privilégions les coupes nettes plutôt que l’application de mastics cicatrisants, dont l’efficacité reste discutée. La qualité de la coupe et la désinfection des outils constituent nos meilleures protections contre les infections fongiques ou bactériennes.
Accompagner l’arbre dans sa récupération
Après l’intervention, nous assurons un suivi rigoureux pendant plusieurs mois. L’arrosage représente la priorité absolue : nous maintenons le sol légèrement humide sans provoquer de stagnation d’eau. Pour un adulte en sol drainant, nous prévoyons 10 à 20 litres par semaine, en ajustant selon les conditions météorologiques. Des arrosages courts mais réguliers les premières semaines favorisent la régénération des radicelles.
Nous suspendons toute fertilisation pendant au moins un mois après la taille. Les engrais azotés stimulent une croissance que l’arbre ne peut assumer avec un système racinaire temporairement affaibli. Passée cette période de convalescence, nous appliquons un engrais riche en phosphore pour favoriser le développement racinaire. L’intégration de biostimulants du sol, comme les mycorhizes, aide considérablement la régénération en renforçant la capacité d’absorption des nutriments.
La surveillance hebdomadaire des feuilles nous permet de détecter rapidement tout signe de stress : jaunissement, flétrissement ou chute hors saison. Si ces symptômes persistent au-delà de deux mois, nous recommandons de consulter un arboriste certifié. La récupération complète peut nécessiter jusqu’à six mois, et nous observons généralement un retour à une floraison normale après un an.









