Le déménagement d’un lave-linge soulève invariablement la même interrogation : peut-on le transporter en position horizontale sans risquer de l’endommager ? Nous avons tous connu cette situation où les contraintes d’espace dans le véhicule ou les difficultés d’accès semblent imposer cette solution. Pourtant, les fabricants comme Whirlpool, Samsung et LG recommandent unanimement le transport en position verticale. Cette précaution respecte l’équilibre naturel des composants internes et préserve les systèmes d’amortissement. Selon les statistiques de l’industrie, environ 15% des pannes survenant dans les six mois suivant un déménagement sont attribuables à un transport inadéquat. Nous abordons cette question avec pragmatisme, car au-delà des aspects techniques, chaque geste compte pour prolonger la durée de vie de nos équipements et éviter un remplacement prématuré générateur de déchets.
En bref :
| Points essentiels | Détails pratiques |
|---|---|
| 🚫 Position couchée déconseillée | Transporter debout pour préserver tambour et système de suspension |
| 🔧 Préparation indispensable | Vidanger complètement et bloquer le tambour avec vis de transport |
| ⚠️ Risques mécaniques majeurs | Le tambour de 20 à 30 kg peut perforer la cuve |
| ⏱️ Délai avant utilisation | Attendre 8 à 24 heures après transport horizontal obligatoirement |
| 💰 Alternative professionnelle | Déménageurs spécialisés pour 80€ à 150€ avec assurance incluse |
Comprendre les véritables dangers du transport horizontal
Lorsque nous couchons une machine à laver, nous perturbons un équilibre mécanique minutieusement conçu. Le tambour, véritable projectile de 20 à 30 kg, n’est plus maintenu par son système de suspension et percute violemment les parois internes lors des moindres secousses. Les amortisseurs et ressorts de suspension subissent des contraintes pour lesquelles ils n’ont pas été dimensionnés. Cette violence mécanique peut perforer la cuve externe ou fissurer les supports, provoquant des dégâts parfois invisibles immédiatement. Nous constatons régulièrement que les pannes se manifestent plusieurs semaines après le transport, lorsque les joints fragilisés commencent à fuir ou que les composants désolidarisés créent des dysfonctionnements intermittents.
L’huile contenue dans le moteur constitue une menace tout aussi insidieuse. En position couchée, ce lubrifiant migre vers des zones inappropriées, notamment l’électronique de commande et les circuits sensibles. Cette contamination génère des courts-circuits imprévisibles qui compromettent le fonctionnement de l’appareil. Les câblages électriques et tuyauteries, initialement fixés pour résister aux vibrations verticales, se retrouvent soumis à des tensions latérales susceptibles de les désolidariser. Nous observons également que l’équilibre général de la machine, une fois réinstallée, peut être définitivement compromis, entraînant des vibrations anormales et des nuisances sonores pendant l’essorage. Dans une démarche écologique, éviter ces dommages permet de préserver un appareil qui pèse entre 60 et 120 kg selon les modèles, et dont le nettoyage à la vapeur après transport peut justement contribuer à maintenir en bon état.
Préparer méticuleusement votre appareil avant tout déplacement
La préparation constitue l’étape déterminante pour sécuriser le transport, quelle que soit la position finalement adoptée. Nous recommandons de commencer par mesurer précisément l’appareil ainsi que toutes les ouvertures sur le trajet : portes, couloirs, escaliers et ascenseur. Cette anticipation permet d’identifier la route la plus praticable et d’éviter les mauvaises surprises. Si le passage s’avère impossible, la location d’un monte-meubles reste une alternative pertinente, avec un coût compris entre 200€ et 400€ par jour. Plusieurs jours avant le déménagement, nous effectuons un cycle de purge au vinaigre blanc à 60° ou 90°, qui élimine les résidus calcaires et assèche partiellement les conduits internes. Cette pratique naturelle s’inscrit dans une logique respectueuse de l’environnement.
La vidange complète demeure absolument indispensable. Après avoir coupé l’alimentation électrique et fermé les robinets d’arrêt, nous débranchons les tuyaux d’arrivée et d’évacuation en les surélevant pour évacuer totalement les liquides. Un seau et des serviettes absorbantes placés stratégiquement évitent les dégâts. Nous lançons ensuite un cycle d’essorage à vide pour éliminer l’eau résiduelle dans le tambour et les conduits. Le bac à produits lessiviels doit également être vidé et nettoyé, puis remis en place et immobilisé avec du ruban adhésif. Cette étape réduit non seulement le poids de l’appareil, mais prévient surtout les fuites durant le transport qui pourraient endommager d’autres biens.
Le blocage du tambour représente la protection mécanique essentielle. La plupart des machines neuves sont livrées avec 3 ou 4 vis de transport spécifiquement conçues pour neutraliser les mouvements du tambour. Nous conservons précieusement ces fixations d’origine lors de l’installation initiale, précisément pour les réutiliser lors d’un éventuel déménagement. En leur absence, nous calons le tambour avec des couvertures, serviettes ou morceaux de polystyrène insérés sous celui-ci après avoir démonté le panneau arrière pour les modèles à hublot, ou latéral pour les machines top. Cette protection artisanale, bien que moins efficace que les brides d’origine, limite considérablement les mouvements destructeurs. Nous protégeons ensuite l’ensemble de l’appareil avec du papier bulle, des couvertures épaisses et du film plastique, en renforçant particulièrement les quatre angles avec des protections cartonnées rigides. Le tableau de commande et le hublot bénéficient d’une attention particulière, ce dernier étant sécurisé pour éviter son ouverture intempestive.
| Élément à préparer | Action requise | Impact si négligé |
|---|---|---|
| Tambour | Installation des vis de bridage ou calage textile | Dommages structurels majeurs, perforation cuve |
| Système hydraulique | Vidange complète et sécurisation tuyaux | Fuites, corrosion des composants électroniques |
| Hublot et bac | Blocage avec adhésif résistant | Charnières endommagées, pièces perdues |
| Protection externe | Emballage multicouche et angles renforcés | Rayures, chocs, détérioration esthétique |
Adopter les bonnes pratiques durant le transport
Le transport vertical demeure la méthode de référence préconisée par l’ensemble des constructeurs. Nous utilisons systématiquement un diable renforcé, capable de supporter entre 60 et 100 kg, équipé de sangles multiples pour maintenir fermement l’appareil. Dans le véhicule de transport, nous positionnons la machine debout sur un emplacement plat et stable, en l’immobilisant avec des cales périphériques et un revêtement antidérapant sous la base. Cette configuration neutralise tout déplacement dans les trois dimensions, même lors de freinages brusques ou de virages serrés. L’utilisation d’une remorque facilite grandement cette approche verticale, offrant davantage d’espace et de points d’ancrage sécurisés.
Si les contraintes d’espace ou de configuration imposent malgré tout un transport en position couchée, nous appliquons des précautions drastiques. La machine doit exclusivement reposer sur sa face arrière, jamais sur les côtés contenant l’électronique ou le panneau de commande. Nous réduisons au maximum la durée en position horizontale, redressant l’appareil dès que possible. La conduite doit être particulièrement mesurée, sans accélérations brutales ni freinages secs, pour limiter les chocs internes. Cette solution de dernier recours fonctionne mieux avec les machines neuves encore équipées de leur système de bridage d’origine, car celui-ci offre une protection mécanique incomparablement supérieure aux calages artisanaux. Dans tous les cas, nous recommandons d’être au minimum deux personnes pour manipuler l’appareil, en pliant systématiquement les genoux et en gardant le dos droit lors des soulèvements. L’utilisation de gants antidérapants améliore la prise et réduit les risques de chute, tout comme un aménagement réfléchi des espaces de circulation.
Réussir la remise en service après le déplacement
Après un transport vertical respectant les préconisations, le rebranchement peut s’effectuer sans délai particulier, contrairement aux réfrigérateurs qui nécessitent un repos prolongé. Nous retirons méthodiquement toutes les protections et libérons impérativement le tambour en dévissant les brides de transport. Ne jamais lancer une machine sans avoir retiré ces fixations constitue une règle absolue : leur maintien provoquerait des dégâts sévères dès les premières rotations du tambour. En revanche, après un transport en position couchée, nous observons systématiquement un délai minimum de 8 heures, idéalement 24 heures, en position verticale avant toute utilisation. Cette pause permet à l’huile moteur de regagner son emplacement d’origine et aux composants internes de retrouver leur configuration normale.
L’ajustement de l’horizontalité représente une étape cruciale souvent négligée. Nous utilisons un niveau à bulle pour vérifier que l’appareil est parfaitement stable, car un mauvais nivellement provoque vibrations anormales et nuisances sonores pendant l’essorage. Les pieds réglables permettent de compenser les irrégularités du sol. Nous vérifions ensuite que tous les raccords hydrauliques et électriques sont correctement fixés selon les instructions du fabricant, en contrôlant particulièrement l’étanchéité des connexions d’eau. Un premier cycle de lavage à vide, lancé sous surveillance, permet de s’assurer du bon fonctionnement et de l’absence de fuites. Nous testons différents programmes en restant attentifs aux bruits inhabituels durant l’essorage. Toute vibration anormale nous conduit à interrompre immédiatement l’appareil pour vérifier l’extraction complète des protections de transport.
Pour ceux qui ne souhaitent pas assumer ces contraintes, faire appel à des déménageurs professionnels constitue une solution judicieuse. Ces spécialistes disposent de l’expérience, des équipements adaptés et d’une assurance couvrant les dommages éventuels. Le budget oscille entre 80€ et 150€ pour une intervention locale incluant débranchement, préparation, transport et réinstallation complète. Cette approche écarte les risques de manipulations inappropriées dont les conséquences financières peuvent s’avérer lourdes : les réparations techniques oscillent entre 150€ et 400€, et le remplacement de composants majeurs comme le tambour, la suspension ou la carte électronique dépasse fréquemment la valeur d’une machine d’occasion récente. Depuis 2019, les particuliers qui abandonnent leur ancien appareil dans la rue s’exposent à une amende pouvant atteindre 450€. Nous privilégions plutôt le recyclage en déchetterie, le don à des associations caritatives ou la reprise par le distributeur lors de l’achat d’un nouvel équipement. Cette approche responsable s’inscrit pleinement dans une démarche de préservation des ressources, d’autant que certaines marques de lave-linge présentent une meilleure longévité que d’autres, justifiant d’autant plus les efforts de transport soigneux. Enfin, rappelons qu’un entretien régulier avec vidange tous les deux mois, comparable à l’entretien préventif d’un réfrigérateur, augmente considérablement la durée de vie de votre lave-linge.









