Rififi et magouilles au « Grenelle de la chasse »
09-07-2008 - ASPAS
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Le monde de la chasse s’apprête à valider demain les conclusions d’une table ronde qui n’a pas même abouti. À son profit bien sûr, et après avoir tenté de faire chanter un organisme financier dans des conditions peu élégantes. L’ASPAS dénonce un débat truqué, au sein duquel la protection de la nature n’a pas son mot à dire.

Contre toute attente, le MEEDDAT (ex-ministère de l’Environnement…) maintient pour demain le CNCFS (Conseil national de la chasse et de la faune sauvage, au sein duquel les défenseurs de la nature sont très peu représentés), au lieu de l’ajourner suite à l’incident majeur qui vient de se produire.

Le 12 juin dernier, M. Charles-Henri de Ponchalon (Président de la Fédération nationale des chasseurs) avait appelé toutes les fédérations de chasse à boycotter le Crédit Agricole. Motif : cette banque est partenaire d’opérations de protection de la nature avec la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux). Or, la même LPO est en train de participer à la fameuse table ronde, dite « Grenelle de la chasse ». Bref, le représentant des chasseurs ose appeler à boycotter ses interlocuteurs en pleine négociation. Face à ce coup bas, M. Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO, arrête le soi-disant dialogue tant que la situation ne sera pas assainie. Ce qui permet à un groupement de chasseurs (l’ANCGE*1) de dénoncer le « refus du débat » des écologistes ! Et de persifler sur Bougrain Dubourg, en sous-entendant qu’il défend un sponsor. Rappelons qu’un Président d’association est bénévole, et que le 1er juillet, le directeur du Crédit Agricole a répondu poliment mais fermement à M. de Ponchalon que la protection de la nature ne devrait pas être incompatible avec la chasse, et s’étonne de ce manque d’ouverture.

On noie là l’essentiel. Pendant ce temps, on ne négocie pas des dates de chasse, et le lobby obtient tout ce qu’il veut… L’ASPAS rappelle donc que le CNCFS de demain n’a aucune valeur, et va valider les arrêtés qui n’ont pas été négociés. L’association soutient Allain Bougrain Dubourg dans sa volonté d’assainir la situation, et en appelle à toutes les associations concernées à ne pas siéger dans un Conseil qui nie tout esprit de concertation. Les protecteurs de la nature n’ont pas à faire croire que les chasseurs sont capables d’un dialogue que dans la réalité ils refusent. L’ASPAS dénonce la décision du MEEDDAT de maintenir un Conseil truqué, ainsi que la fourberie des méthodes de M. de Ponchalon : chantage et persiflage sont-ils les deux mamelles de la chasse ?

*1 Communiqué de presse de l’ANCGE, Association nationale des chasseurs de gibier d’eau, 08 07 08.