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Au jardin sauvage : l’hellébore fétide, la verte hivernale qu’il ne faut pas toucher

28 Jan 2022

L’hellébore fétide au jardin

En ce moment au jardin Sème sauvage fleurit l’Hellébore fétide (L. Helleborus foetidus).

Il s’agit d’une espèce remarquable de part son odeur et son aspect.
Cette plante glabre, qui dégage une odeur désagréable, fleurit de janvier à mai. Du haut de ses tiges, hautes de 20 à 80 cm, on peut apercevoir de nombreuses fleurs penchées, de couleur verdâtre ou rougeâtre.

On la retrouve dans les bois et sur les coteaux ombragés, dans une grande partie de la France. Elle se plaît principalement sur les sols calcaires secs.

Cette espèce est très rustique, et peu résister à des températures descendant en dessous de -15°C. Elle est donc facile à cultiver, mais a un rythme de croissance assez lent. En effet, il lui faut un à deux ans pour s’installer, et cinq ans pour réaliser sa première floraison.
L’Hellébore Fétide ne fleurira d’ailleurs que deux fois tout au long de sa vie, la deuxième fois se produisant un an après la première floraison.

Grâce à sa floraison hivernale, l’hellébore permet d’ornementer les jardins pendant l’hiver, et constitue une ressource importante pour la biodiversité, notamment pour les insectes et la petite faune locale.

Extrêmement mellifère, elle permet en effet aux bourdons et abeilles sauvages sortant de leur hibernation de s’alimenter.
Ses graines sont également prisées par les fourmis car elles sont pourvues d’un élaoïsome, une excroissance charnue qui constitue un réservoir de substances nutritives. La dissémination des graines d’hellébore se fait donc par myrmécochorie (dissémination par les fourmis), ce qui explique la présence de petits plants loin du pied mère.

L’Hellébore Fétide a donc sa place au jardin, il faut toutefois procéder avec précautions car elle est fortement toxique. Un contact cutané provoque souvent des plaques ou des irritations, tandis que son ingestion peut entraîner des troubles gastro-intestinaux voire des problèmes cardiaques.

Il s’agit donc d’une plante très intéressante avec de nombreux atouts, à bien connaître cependant  !

>> Pour retrouver les informations de culture de l’Hellébore fétide, téléchargez la fiche espèce Sème sauvage

Un peu d’ethnobotanique…

L’Hellébore est une espèce native des Alpes de Hautes Provence, des Hautes Alpes et de Roumanie, c’est-à-dire qu’elle s’est développée, se produit naturellement ou a existé pendant de nombreuses années dans ces régions, où elle est beaucoup cultivée.

Selon les régions, l’Hellébore Fétide est connue sous diverses dénominations, en lien avec l’histoire de la plante et ses caractéristiques : « patte d’ours », « mors cheval », « herbe aux fous » ou encore « rose des serpents ». Un des noms les plus répandus est celui de « Pied de Griffon », du fait de ses feuilles qui rappellent la forme de la patte de cet animal mythique.

Comme le montre son nom, Helleborus du grec airco « je tue », et bora « nourriture », littéralement « je tue celui qui me mange », la plante a toujours été connue pour sa faculté à faire « fuir le mal » par ses propriétés toxiques.

Autrefois, l’Hellébore était ainsi employée de façon thérapeutique ou comme répulsif. On soignait grâce à elle la folie, les délire, la lèpre, ainsi que les affections herpétiques et sporadiques. Elle a été utilisée pour faire fuir les poux ou comme raticide. Les vétérinaires s’en sont également servi comme vermifuge, avant que cela ne soit considéré comme trop dangereux.

On trouve une citation de cette plante contre la » folie » au début de la fable Le Lièvre et la Tortue de Jean de la Fontaine, lorsque le lièvre se moque de la tortue qui prétend atteindre un objectif avant lui : « Ma commère, il vous faut purger avec quatre grains d’ellébore » !

>> Pour en savoir plus : un article sur l’hellébore fétide avec notamment des photos de ses fruits et graines

Article rédigé par Lucie Breton, stagiaire Sème sauvage

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